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Les hôtels de la Côte se préparent à la guerre des étoiles ! Le 28 janvier, en conseil des ministres, le secrétaire d’État au Tourisme, Hervé Novelli, a livré les détails d’une loi qu’il espère voir votée avant l’été. Censé moderniser l’activité touristique en France, ce texte a pour première ambition de dépoussiérer le classement hôtelier qui n’a pas évolué depuis 1986 !
Les critères déterminant l’attribution des étoiles sont complètement dépassés. Illustration : pour décrocher au moins 4 étoiles il fallait impérativement disposer d’une cabine téléphonique ! Du coup, il arrive qu’un hôtel 2 étoiles dispose d’équipements plus modernes, comme un accès Internet en wifi, qu’un 3 étoiles. Aberrant, surtout qu’avec son échelle allant de 0 à 4 étoiles luxe, la France, première destination touristique du monde, n’est plus en phase avec la norme internationale, de 1 à 5 étoiles.
« Cela facilitera la compréhension des étrangers »
Plus logique, c’est cette échelle qu’a retenue Hervé Novelli. « Cela facilitera la compréhension des étrangers », selon lui. La réforme propose aussi de nouveaux critères d’évaluation émanant de groupes de travail qui ont réuni une centaine de professionnels pendant plus d’un an.
« Cette nouvelle grille de classification correspond aux préconisations faites par les organisations syndicales. Elle allie exigence et souplesse pour les professionnels de notre secteur. Sans oublier de répondre aux attentes des clients », applaudit Christine Pujol, présidente de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière.
« Je fais partie de ceux qui ont travaillé sur ce dossier, indique Dominique Charpentier, directeur du comité régional du tourisme Riviera. Cette réforme va non seulement valoriser le travail des hôteliers, en particulier le savoir-faire et les investissements des professionnels de la Côte d’Azur, mais elle va aussi inciter la profession à progresser encore. »
Entre 400 et 1 500e l’audit par hôtel
Dans la région, le haut de gamme approuve cette réforme. « Ce nouveau classement va donner plus de lisibilité à la clientèle internationale », se réjouit Emmanuel Caux, directeur du palace Majestic-Barrière de Cannes.
Les gérants d’établissements plus modestes, eux, sont sceptiques. « Ces nouvelles étoiles ne vont rien m’apporter de plus. Et en plus, c’est moi qui vais devoir payer le contrôle ! », proteste le patron d’un 2 étoiles antibois.
Effectivement, l’évaluation à la charge de l’établissement pourrait coûter entre 400 et 1 500 euros. Une estimation qu’Hervé Novelli juge « prématurée » et pour laquelle il espère obtenir « une aide directe de faible montant » dans le cadre d’un vaste plan d’accompagnement financier. 1,5 milliard d’euros mis à disposition des hôteliers sur trois ans par la Caisse des dépôts et Oséo.
Fred Maurice
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