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Ce jour-là, résonnera pour la dernière fois le bruit des balles jaunes.
Ce jour-là, emportés par un vent pourtant rare dans la région, les derniers grains de terre-battue souffleront encore une fois avant de cesser à tout jamais d’ennuyer l’existence paisible des riverains du quartier Montfleury.
Une nuisance qui avait d’ailleurs valu un procès au groupe Lucien Barrière. Le locataire des lieux, lié à la mairie par un bail emphytéotique signé en 1992, avait été sommé de payer le ravalement de la copropriété qui jouxte deux des cinq courts du site. Montant ? 80 000 francs (12 000 euros).
Ceci n’est qu’un chapitre d’un livre qui trouvera son épilogue dans huit mois, à la fin du bail.
Premiers courts en terre battue
Un mythe, le mot n’est pas trop fort, va donc s’effondrer. Le « Gallia », comme l’appellent les tennis
men, fut le premier club au monde construit en terre-battue, cette brique pilée ocre venue de Vallauris, où les potiers avaient l’habitude de concasser l’argile avant de la chauffer.
Le premier court en terre-battue, dessiné par les frères William et Ernest Renshaw, premières vedettes de ce sport ancêtre du jeu de paume, fut lui aussi érigé à Cannes. Non pas au Gallia, où les cinq courts actuels apparurent en 1922 pour contenter la clientèle de l’hôtel du même nom, mais sur la propriété du futur hôtel Beau Site, en 1881.
Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, que va-t-il rester de ce lieu si prestigieux, si « select » ? Des souvenirs, des photos en noir et blanc de Rosewall, Laver ou Darmon, mais surtout un sentiment de gâchis et des regrets.
Parce que le retrait du groupe Barrière, qui souhaitait déjà dénoncer le bail en 2007 et mettre la clé sous la porte, sonne comme la fin de ce club toujours affilié à la Fédération. Mais dont l’activité se résume à quelques parties entre amis et aux leçons du professeur Nanette Schutte, ancienne joueuse de très haut niveau, à l’emploi menacé (elle est indépendante) malgré une belle clientèle.
Sacrifié au profit du Montfleury ?
Surtout, à une dizaine de mètres de là, il est prévu d’importants travaux au CS Montfleury, installé lui aussi sur un terrain municipal.
Dans le cadre d’un projet de réaménagement du quartier, sont inscrits la construction de deux nouveaux courts (en terre-battue) en plus des six existants (en dur) et d’une piscine publique. Travaux financés par la vente... des terrains de tennis du Gallia.
« Au Gallia, deux nouveaux courts en moquette ont été posés. Les sensations y sont quasiment les mêmes que sur terre battue. Pourquoi ne pas les transposer au Montfleury à la place du projet des deux terre battue ? » propose Daniel Turin, le président du CSM et délégataire de la DSP.
L’avantage est évident : coût moindre, entretien nul. Sans compter qu’après une journée de pluie, pas besoin d’attendre trois jours avant de rejouer.
Au Gallia, le président Daniel Quenaud n’avait pas vu d’un bon oeil l’arrivée de ces moquettes en 2007. Il a, depuis, revu son jugement : « ça avait été imposé au groupe suite au procès, de même que la pose de brise-vent partout, lesquels ont malheureusement enlevé un peu de vie, puisque l’on ne voit plus les gens qui jouent de l’extérieur. Finalement, c’est un plus : ça fait moins de travail, et on peut jouer tout le temps. »
Mais tout ceci ne dit pas ce que l’on trouvera à la place du Gallia, de ses courts et de sa piscine fermée depuis 2006, si le terrain est vendu. Une résidence service pour les seniors, comme celle des Hespérides ? « Ce n’est pas idiot » répond David Lisnard, le premier adjoint, avant de préciser : « Le projet du Montfleury, qui comporte aussi un parc à l’anglo-saxone, n’est pas tout à fait bouclé dans sa conception mais l’idée du député-maire, Bernard Brochand, est de l’autofinancer par la vente du Gallia, où une parcelle pourrait demeurer publique. »
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