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C’est un nouveau départ pour le Palais des festivals et des congrès de Cannes. Sauf coup de théâtre, le conseil municipal donnera ce soir son feu vert à un nouveau projet de modernisation et d’extension du bâtiment. Un Bunker devenu trop vieux pour le Festival de Cannes, trop petit pour le Mipim et tous les congrès qui ont, comme lui, le vent en poupe.

Pour répondre aux besoins d’expansion du tourisme d’affaires qui représente la première ressource économique de Cannes, avec des retombées estimées en 2007 à 835 millions d’euros et 16 400 emplois, des travaux sont « absolument nécessaires ». C’est la conviction de David Lisnard, président de la Sémec (la société d’économie mixte qui gère le Palais) et premier adjoint au maire qui plaidera ce soir. Un « projet global répondant à l’ensemble des besoins au travers de réalisations concomitantes, cohérentes et complémentaires » que révèle en détail et en avant-première Nice-Matin (lire ci-dessous).
Un devis de 140 millions d’euros
David Lisnard avait déjà laissé entendre qu’il s’agissait, d’une part, de poursuivre sur la voie de la modernisation pour laquelle le Palais a déjà investi 24 millions d’euros en sept ans. Et, d’autre part, de gagner environ 20 000 m2 en creusant deux étages souterrains. Cette fois, il livre les détails.
Le plus attendu : le mode de financement des 140 millions d’euros,
budget estimé de l’opération. Et surprise, « l’essentiel sera assumé par le privé ». En proposant à une entreprise de prendre en charge une partie du chantier d’extension. La municipalité espère ainsi se décharger des trois quarts des 83 millions d’euros. En contrepartie, l’investisseur obtiendra l’exploitation commerciale du Palais pour une quarantaine d’années. Un appel à concurrence sera lancé fin 2009.
La Sémec en mesure de postuler
C’est justement à cette date que s’achève la concession de la Sémec. Et ça tombe bien : celle-ci n’a presque plus de dettes. Elle sera idéalement en mesure de postuler. Même si d’autres candidatures sont possibles en provenance d’Unibail ou Reed Midem.
Si cette transaction réussit, il restera quand même aux pouvoirs publics à financer au moins 80 millions d’euros en quatre ans.
La mairie promet 8 millions pour le jardin ou la salle de 500 places. Les quelque 70 millions d’euros restants nécessitent « un financement conséquent de l’État, de la Région et du Département », implore David Lisnard. Là, rien n’est gagné.
Les pouvoirs publics rechignent à payer
L’actuel gouvernement tarde à renouveler l’enveloppe de 30 millions d’euros qu’avait promis son prédécesseur en 2006. La Région de gauche et le Département de droite, eux aussi, traînent des pieds. « C’est un dossier d’intérêt régional, admettait le premier vice-président de la région Paca, Patrick Allemand en déplacement à Cannes jeudi. Mais il n’a pas été inscrit au contrat de projets. Il va falloir trouver l’argent ailleurs... »
Avec la délibération de ce soir, la municipalité veut prendre date avec « un projet ambitieux dans l’esprit, mais raisonnable financièrement ». Pour ne pas avoir à renoncer une énième fois à la renaissance si nécessaire de son Bunker.
Fred Maurice
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