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La bonne nouvelle pour les plagistes cannois est finalement tombée le 21 mai au Journal Officiel : l’état de catastrophe naturelle a été reconnu à Cannes pour « inondation et choc mécanique liées à l’action des vagues » par un décret interministériel daté du 18 mai.
Certes, ce verdict tant attendu aura été aussi noyé dans l’effervescence du Festival que les rivages cannois durant cet hiver calamiteux.
Mais qu’importe : car l’enjeu financier veut dépasser le souvenir cauchemardesque de ces mauvaises lames de fond qui ont frappé avec violence les établissements balnéaires les 30 novembre, 1er, 14 et 15 décembre derniers. De la pointe Croisette à la Bocca.
Jusqu’à dimanche pour déclarer !
Informé lundi par la mairie, Gérard Grizzetti, patron de la plage « Le Goéland » et président du syndicat des plagistes, n’a pas caché son soulagement.
D’autant que « le délai (5 mois) aura été raisonnable ». Un autre l’est moins : les sinistrés n’ont que dix jours à compter du 21 mai (soit jusqu’à dimanche !) pour déposer un état estimatif de leurs pertes à leurs compagnies d’assurances.
Objectif : bénéficier du régime d’indemnisation instauré par la loi du 13 juillet 1982 modifiée. « Je leur avais conseillé de préparer leur dossier » glisse, confiant, Gérard Grizzetti. Pour autant, aucun professionnel ne semble pris de cours.
Voila longtemps qu’expertises, clichés du désastre et factures sont prêtes...à être dégainées. Car pour certains, la note s’est révélée plus salée encore que la capricieuse Grand Bleue.
Vitres explosées, mobilier dévasté, cuisine ensablée, portes arrachées, les coups de mer à répétition ont été exceptionnellement féroces et pécuniairement lourds.
130 000 € de dégâts plage du Gray d’Albion
A la plage du Gray d’Albion engloutie sous 60 cm d’eau, « tous les appareils électriques de la cuisine et le mobilier en bois ont terminé à la poubelle » se souvient Didier Fort, son directeur. Des ravages estimés à 130 000 e dont l’indemnisation déjà en cours n’aura pas eu à attendre le sésame de l’État. « Notre contrat couvrait déjà ce risque... Mais c’est vraiment une bonne nouvelle pour les autres plagistes » indiquait hier François Portiglia, directeur du Gray d’Albion. Marc Bagou patron de la « Plage des Sports » à la Bocca n’avait, quant à lui, pas de contrat-béton : « Ma dalle en béton ( !) a explosé. Pour les dégâts - entre 35 et 40 000 e de travaux-, j’ai dû financer seul... ». Alors, outre leurs indemnisations, c’est maintenant une digue de protection contre la houle qu’attendent avec impatience les plagistes. « Les travaux devraient débuter en novembre. Elle serait opérationnelle en mars 2010 » a assuré Christophe Santelli-Estrany, adjoint au maire délégué à la façade littorale. Mais Gérard Grizzetti, plagiste depuis 1980, se veut réaliste : « impossible de prévenir un coup de mer ! »
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