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Cette fois, ça y est. On va enfin savoir. Le premier ministre, François Fillon, a décidé, hier matin, d’en finir avec le débat sur l’identité nationale. En organisant, lundi prochain, un séminaire gouvernemental dont l’objectif sera de dresser le bilan de tout ce qui a pu être dit ces dernières semaines. Et ainsi tenter de répondre à cette question posée depuis le 2 novembre : qu’est-ce qu’être Français ?
L’arrivée de ces conclusions nous a, d’ailleurs, donné des idées... Nice-Matin vous propose, aujourd’hui, de poursuivre les échanges au niveau local. Avec cette question : pour vous, c’est quoi être Cannois ?
« Cannes et ses clichés bien réels »
Et force est de constater que cette interrogation n’a rien, là encore, d’une évidence. L’identité cannoise n’est pas inscrite dans le marbre. Elle fluctue même selon l’endroit où l’on se trouve. Vu de l’extérieur, Cannes ressemble, en effet, à un gigantesque cliché. Fait de luxe et de paillettes. De personnes âgées friquées et de jeunes hypers lookés. Comme le prouvent les présentations souvent édifiantes des guides touristiques. Pour le Guide du routard, Cannes se résume ainsi : « Palaces, Rolls, casinos, boutiques de luxe, riches retraités, stars et festival : Cannes et ses clichés bien réels. Pas étonnant que la ville soit jumelée à Beverly Hills... » Et dans le Petit Futé, ce n’est guère plus glorieux : « Cette ville des Alpes-Maritimes, petit village découvert par les Anglais, est devenue la capitale du cinéma international. Un lieu de strass et de paillettes ».
« Le vrai Cannois n’est pas riche »
Or ce portrait est bien loin de ressembler à celui que les Cannois dressent d’eux-mêmes et de leur ville. Peu de personnes interrogées dans les rues citent le Festival et la Croisette comme étant des repères de leur identité. À ces deux vedettes, la plupart des locaux préfèrent évoquer le Suquet, le Vieux-Port, la butte Saint Cassien... « Le vrai Cannois n’est pas riche, lance Franck, un des 33 pêcheurs de la ville. Le vrai Cannois vient du Suquet. Il vit de la mer. » Et Georget Daumas, figure locale et président de l’Espérance de Cannes d’ajouter : « Notre identité, nous la tenons de ceux qui nous ont précédés. Et les racines de Cannes se trouvent évidemment au Suquet. C’est le berceau de la ville. »
Cependant, avec une telle définition, il n’y a pas grand monde qui pourrait, de nos jours, prétendre au statut de Cannois. Aussi, faut-il sans doute voir un peu plus loin que cette explication historique. Et, finalement, l’identité cannoise, c’est, sans doute, un peu un mélange de tout. Un peu de paillettes. Un peu d’histoire. Un peu de son incroyable décor. Et c’est aussi le mariage, parfois difficile, entre le centre-ville et la Bocca.
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