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En exclusivité, prévisualisation de cette révolution. Ce ne sont encore que des images de synthèse. Mais elles sont spectaculaires. Elles préfigurent ce à quoi devrait ressembler le transport en commun de nouvelle génération dont ont choisi de se doter les trois communes membres du réseau « Bus Azur », Cannes, Le Cannet et Mandelieu-La Napoule. Nom de code : bus à haut niveau de service (BHNS). En fait, un réseau de voies réservées afin de favoriser la circulation des autobus.
Deux lignes sont programmées. Nécessitant quelques expropriations, la première est sur le point de faire l’objet d’une enquête publique au cours de laquelle seront présentées à la population des prévisualisations du parcours qui fusionnera deux lignes existantes, la 1 et la 20, sur un itinéraire de 11,1 km reliant 25 stations, depuis la gare routière de Mandelieu au rond-point Grande-Bretagne du Cannet via La Bocca et le centre de Cannes.
Le centre de La Bocca métamorphosé
En avant-première, Nice-Matin dévoile aujourd’hui quelques-unes de ces vues, les plus emblématiques. Car elles montrent aussi que cette première ligne va engendrer de profondes transformations dans les sites qu’elle va parcourir. « Non seulement ce sera une ligne à hautes performances, mais elle va offrir un nouveau visage à bien des quartiers qu’elle va traverser », pronostique Jean-François Tonner, président du Syndicat intercommunal des transports publics chargé de gérer le réseau. Un demi-millier d’arbres seront plantés, l’ensemble du parcours fera peau neuve... le centre de La Bocca sera même métamorphosé : la place du Marché sera entièrement réaménagée et débarrassée d’une bonne partie de sa circulation automobile qui l’empoisonne. On ne roulera plus que dans le sens Cannes-Mandelieu sur l’avenue Francis-Tonner ; dans le sens inverse, le trafic sera délesté sur les avenues de la Roubine et Sainte-Marguerite.
Car les deux tiers du tracé de cette première ligne seront en site propre. Les bus bénéficieront alors d’un couloir de circulation réservé, donc formellement proscrit à tout autre véhicule, à l’exception des urgences.
Trois types d’aménagement
Trois configurations sont envisagées en fonction des secteurs. Pour les tronçons les plus larges (avenue de Cannes, sur la Croisette ou boulevard Carnot), il s’agira d’un couloir bidirectionnel c’est-à-dire à double sens, avec deux autres voies laissées au reste de la circulation, flanquées dans le meilleur des cas (comme aux Tourrades) d’une piste cyclable. Partout où le BHNS passera, le reste des véhicules ne bénéficiera plus, au mieux, que d’une voie dans chaque sens. Pour éviter les embouteillages, de nombreux emplacements seront réservés aux livreurs, aux transporteurs de fonds et aux conducteurs titulaires d’une carte d’invalidité.
Dans les parties plus exiguës (à La Bocca), un couloir unidirectionnel obligera les bus circulant dans le sens inverse à partager l’autre voie avec le reste du trafic. Ce sera aussi le cas dans les deux directions pour les passages les plus étroits (avenue du Dr-Picaud, rue Clemenceau). Les bus bénéficieront alors d’un traitement de faveur pour franchir les feux tricolores. Tous les ronds-points seront aussi traversés d’une voie réservée aux transports en commun afin de les rendre prioritaires.
90 millions d’euros
Car l’objectif de ce BHNS est d’accélérer le trafic des bus en portant la moyenne actuellement de 13 km/h à plus de 16. De quoi inciter un plus grand nombre de voyageurs à les emprunter.
La fréquentation du réseau pourrait passer de 8 à 15 millions de voyageurs annuels. C’est pourquoi, le syndicat est prêt, avec l’aide de l’État et de la Région pour l’instant, à investir 90 millions d’euros dans la création de cette première ligne dont les détails ne seront affinés qu’à la lecture du verdict de l’enquête publique.
1. Au travers du Syndicat intercommunal des transports publics chargé de le gérer.
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