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Les habitants du Petit-Juas (ci-dessus) et d’autres quartiers de Cannes se plaignent des comportements de certains mineurs et jeunes adultes dans la rue. La Ville pourra désormais intervenir auprès des familles concernées.
Fréquenter les bars, tard le soir, sécher les cours, griller des feux rouges, participer à des rassemblements bruyants devant des immeubles, insulter les passants, dégrader des voitures ou le mobilier urbain. Ce sont des actes d’incivilité et (ou) de petite délinquance souvent observés de la part de mineurs ou de jeunes adultes. Pourtant, ils échappent le plus souvent à toute sanction, faute de plainte, de qualification pénale et d’action judiciaire.
Pour répondre à cette situation, la Ville va mettre en oeuvre une disposition de la loi sur la prévention de la délinquance qui l’autorise à convoquer en mairie les parents et les jeunes concernés.
Ils " comparaîtront " donc, non pas devant un juge, mais devant un élu de la Ville pour un " rappel à l’ordre " et une leçon de morale préventive : « C’est fait dans un cadre solennel mais nous ne sommes pas un tribunal. Nous rappelons simplement aux parents leur devoir éducatif et au jeune les conséquences pénales de son comportement, s’il persiste. Et ça nous permet aussi de détecter les difficultés des familles. Nous pourrons éventuellement les intégrer ensuite dans nos dispositifs de soutien éducatif », argumente Françoise Bruneteau, adjointe à la jeunesse.
« Un sentiment de totale impunité »
Trois adjoints ont été désignés pour remplir ce rôle (1) dont David Lisnard qui défendait l’idée, lundi, devant le conseil municipal : « l’objectif, c’est de ne pas créer chez ces jeunes un sentiment de totale impunité en laissant des actes de délinquance sans réponse ». Mais au-delà de cette première réponse, le maire dispose aussi d’une possibilité de sanction, via la suspension des prestations familiales, qu’il peut solliciter du conseil général en cas de carence persistante de l’autorité parentale.
La gauche vote contre le dispositif
C’est notamment cet aspect du dispositif qui a motivé lundi, le vote négatif des élus de gauche. « Avec ces dispositions, le maire a le pouvoir de réprimander mais aussi de punir en demandant des sanctions financières à l’encontre des familles considérées comme fautives. Cela ouvre la porte à l’arbitraire et à toutes les dérives », a fustigé Apolline Crapiz (PS).
1. David Lisnard, 1er adjoint, Jean-François Tonner, délégué à la politique de la ville et Françoise Bruneteaux, adjointe à la jeunesse.
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