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8 février 2012 de 07:40 à 08:00
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Article Nice Matin du 8 avril : Le risque sismique n’épargne pas les Alpes Maritimes

"Risk-UE" Le scénarion catastrophe des scientifiques européens envisage jusqu’à 200 morts à Nice en cas de séisme majeur. Un risque à prendre en compte

André Laurenti qui anime le site azurseisme.com

Nom de code "Risk-UE". Ce pourrait être le titre d’un film catastrophe. Si ce n’est que le scénario a été écrit par une équipe de scientifiques européens.

Une étude pilotée, pour la France, par le bureau de recherches géologiques et minières, a évalué les conséquences d’un séisme majeur à Barcelone, Bucarest, Sofia... Et Nice. Verdict : « 50 à 200 morts, 10 000 à 23 000 sans abri et 3 à 4,5 milliards d’euros de dégâts » pour la seule capitale azuréenne !

Pure fiction ? Haroun Tazieff, le célèbre vulcanologue depuis décédé, n’avait-il pas en son temps prédit la disparition pure et simple de la Côte d’Azur ? On se souvient de la photo montage publiée en 1979 dans Paris Match, montrant la Baie des Anges balayée par un raz-de-marée. L’article reprenait les thèses du scientifique. Et si Haroun Tazieff avait eu raison trop tôt ?

« Pour ne pas effrayer les touristes »

À l’époque, le sujet était tabou. « Il ne fallait surtout pas effrayer les touristes qui déferlaient chaque été sur la Côte », rappelle Edmond Mari, docteur en sismologie et maire de Châteauneuf-Villevieille.

« À vrai dire, ajoute André Laurenti qui anime le site azurseisme.com, nous n’avons commencé à cartographier les zones sismiques en France qu’au début des années 60... Parce que nous voulions construire des centrales nucléaires. »

Mais ce n’est pas parce qu’il n’était pas encore pris en compte que le risque de secousse tellurique n’existait pas. Loin s’en faut ! Un petit tour du côté des archives départementales suffit à s’en convaincre. La terre tremble. Et tout particulièrement dans le Sud-Est de la France. Dans les Bouches-du-Rhône . Dans une moindre mesure, le Var est concerné . Et bien sûr les Alpes-Maritimes, où le risque tellurique est classé de niveau II sur une échelle de III.

« L’Est du département est plus particulièrement concerné », confie Edmond Mari. « En fait, plusieurs failles traversent les A.-M., celles de la Vésubie, de la Tinée ou encore du Var. » Elles ont déjà fait parler d’elles. Certes il y a longtemps. Mais ce n’est pas pour rassurer ce docteur en sismologie : « Il vaut mieux plusieurs secousses régulières qui jouent le rôle de soupape de sécurité, plutôt qu’une accumulation des énergies en sous-sol libérée subitement. »

C’est semble-t-il ce qui s’est passé le 23 février 1887, au large d’Imperia (voir notre dernière page). Or l’étude européenne "Risk-UE", lancée en 2001, s’est appuyée sur ce précédent, en rapprochant l’épicentre à trente kilomètres au large de Nice, pour estimer les ravages occasionnés par une secousse tellurique majeure sur la Côte d’Azur. Car nul doute que le risque existe. La faute aux plaques eurasiennes et africaines qui se chevauchent. « C’est à cause de la première que le Mont-Blanc s’élève chaque année de 3 à 4 centimètres, rappelait l’an dernier Christiane Nicoli (1), experte au ReNaSS (Réseau National de Surveillance Sismique). Quant à la seconde, elle fera disparaître la Méditerranée... Mais dans quelques millions d’années. »

Campagne de sensibilisation

Ce qui ne veut pas dire que les Alpes-Maritimes ne seront pas ébranlées d’ici là par une multitude de secousses, plus ou moins dévastatrices. Les pouvoirs publics s’y préparent en élaborant des plans d’action pour le jour où le risque viendra à survenir.

Mais chacun reste acteur de sa propre sécurité. « C’est pourquoi, insiste André Laurenti, il est important d’informer et d’éduquer la population. » Une convention en ce sens a été signée entre la préfecture, le conseil général, le rectorat et le service départemental d’incendie et de secours. « À la fin 2007 nous avions déjà sensibilisé près de 125 000 Azuréens au risque simique », rapporte Florus Nestar, directeur de cabinet du préfet Lamy. Et la campagne se poursuit.

Le sujet n’est plus tabou. Aujourd’hui, on semble avoir pris la mesure de cette épée de Damoclès qui pèse sur nos têtes.

1. Notre édition du 25 octobre 2008.

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