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Ils avancent, silencieux, dans la brume polonaise, faisant face au porche d’entrée du plus grand cimetière du monde, Auschwitz-Birkenau.

Comme tous ceux qui les ont accompagnés, ils ont mille fois imaginé leur visite dans cette « résidence de la mort » où ont péri entre 1942 et 1945 1,5 million de personnes dont 69 000 juifs de France.
Mais en ce glacial mercredi de février, les collégiens de Capron et de Stanislas, tout comme les lycéens d’Hutinel, ne s’appartiennent plus.
À l’invitation du conseil général (1) pour les uns, de la Région PACA et du Mémorial de la Shoa pour les autres, ils vont, une journée durant, arpenter les chemins de la mémoire.
Emotion et restitution
Indicible émotion pour tous ces jeunes collégiens lorsque devant les ruines d’une chambre à gaz, ils écoutent un survivant de l’holocauste, Richard Gotlieb, évoquer son arrivée en août 1944 à Birkenau.
Matérialisation de l’horreur aussi pour les lycéens à Auschwitz 1 lorsqu’ils découvrent derrière une vitre les 2 tonnes de cheveux des juifs exterminés, les milliers de valises confisquées par les SS, les layettes arrachées aux nouveau-nés.
Tous ont préparé ce voyage dans le cadre de projets pédagogiques, les lycéens d’Hutinel se déplaçant même au Mémorial de la Shoa à Paris. Et tous vont dans les semaines à venir « restituer » ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont ressenti.
Les plus jeunes, collégiens de Capron ou de Stan’, par des discussions et des exposés ; les plus âgés, lycéens d’Hutinel, par un travail vidéo où se mêleront captures de bandes dessinées sur l’holocauste, images de films comme Le Pianiste, La vie est belle ou La Liste de Schindler avec leurs propres « rushs » tournés lors de cette journée de la mémoire.
Tous auront, d’ici là, revécu « leur » visite. Et témoigné à leurs parents, leurs copains que l’horreur ne s’apprend pas que dans les cours d’histoire.
1. Les collégiens étaient accompagnés par David Lisnard, 1er adjoint au maire de Cannes et conseiller général de Cannes-Est.
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