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8 février 2012 de 07:40 à 08:00
L’invité de 7h40
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Elections législatives : Bernard Brochand a été officiellement investi par l’UMP lors du Conseil National du 28 janvier.
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Article Nice Matin du 9 mars : Carte électorale : un député azuréen de plus sinon rien ?

REDECOUPAGE Trois circonscriptions surpeuplées à l’Ouest, trois sous-peuplées à l’Est : le Gouvernement qui a tranché, impose un délicat remodelage électoral ... alors que les Alpes Maritimes espèrent obtenir un poste de député de plus.

Un casse-tête électoral. Le gouvernement a mandaté Alain Marleix, secrétaire d’Etat chargé de l’Intérieur, pour redessiner la carte électorale française. Or, faute, comme dans le Var, de pouvoir créer une circonscription supplémentaire dans les Alpes-Maritimes - qui compte aujourd’hui neuf députés -, l’exercice de style s’avère compliqué.

En l’état, Alain Marleix risque fort de n’avoir d’autre choix que de dispatcher les électeurs d’une circonscription vers l’autre. Déshabiller Michèle pour habiller Bernard, etc. Une vraie partie de domino dont toute la classe politique se serait manifestement bien passée. Et que le secrétaire d’Etat, lui-même, semble redouter : quatre réunions de concertations ont déjà été reportées... Au point qu’aujourd’hui, montant au créneau de ce retricotage électoral infernal, Christian Estrosi relance la croisade pour que la Côte d’Azur et ses 1 073 184 habitants puissent en 2012 élire un député de plus : « L’évolution démographique de notre département nous le permet. Pour que les Azuréens soient justement représentés à l’Assemblée, il faut créer une dixième circonscription qui devra être située sur la rive droite du Var, sans doute dans la région de Grasse. »

A 50 000 électeurs près...

La bataille sera serrée. Mais pour l’ensemble des neuf députés azuréens, c’est la seule vraie réponse.

Sur le fond pourtant, l’option du statu quo n’est défendue par personne. De la gauche qui n’a pourtant aucun élu à l’Assemblée nationale aux parlementaires en place, tous membres de la majorité présidentielle, tout le monde tombe d’accord. Si le gouvernement a décidé de procéder à un ajustement de la vieille carte électorale made by Charles Pasqua - elle date de 1986 -, c’est pour réduire les déséquilibres démographiques flagrants entre les circonscriptions.

La loi prévoit un siège de député par tranche de 119 000 habitants. Or, dans les Alpes-Maritimes, le compte n’y est pas pour trois, voire quatre des 9 circonscriptions. Pire, entre celle détenue par Bernard Brochand (la 8e à Cannes est la plus petite avec 92 959 électeurs) et celle de Jean Léonetti (la 7e Antibes : 150 164 inscrits), le différentiel est de plus de 30 %.

Idem entre la circonscription niçoise conquise par Eric Ciotti (92 815 inscrits) et celle de Lionel Luca (la 6e) avec ses 151 212 électeurs.

« Cela frise la débilité »

Que faire si l’on devait se résigner à un simple remodelage. Les options possibles sur lesquelles la préfecture a planché sont aujourd’hui top secret. La plus simple serait manifestement celle d’un coulissement général d’est en ouest. Presque incontournable dès lors que les trois circonscriptions surpeuplées sont toutes situées dans l’arrondissement de Grasse.

Ainsi, il faudrait que la 4e de Jean-Claude Guibal rogne sur la 5e de Christian Estrosi, que la 1re d’Eric Ciotti gagne au moins 20 000 électeurs supplémentaires dans le coeur de Nice, et ainsi de suite jusqu’à Cannes.

Pour Lionnel Luca, le député de la 6e - Cagnes-Vence -, il s’agit d’un « simplicisme qui frise la débilité ».

Sacré tricotage qui n’enchante manifestement personne. « Le comble, c’est qu’on nous demande de remodeler la carte des circonscriptions sans toucher à celle des cantons. On aurait voulu faire plus compliqué qu’on ne s’y serait pas mieux pris », s’emporte toujours Lionnel Luca.

L’espoir ténu d’un député grassois ?

Du coup, alors que le préfet vient juste de faire remonter ses conclusions au ministère, le suspense reste entier. Certes, à l’ouest, Bernard Brochand assure que « bon gré, mal gré », la solution est assez simple : « Il suffit d’augmenter ma circonscription grâce à l’apport d’une vingtaine de milliers d’électeurs de la 9e et de la 7e. Sur le principe, on passe. » On passe dans la douleur, confirme Michèle Tabarot, mais on passe.

Sauf que tout se tient. Que bouger un pion à Cannes, c’est entraîner une réaction en chaîne dans toutes les autres circonscriptions du département.

Du coup, même si l’espoir est ténu, tout le monde veut croire qu’il est encore possible d’obtenir la création d’une dixième circonscription dans le pays grassois. A suivre.

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