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· Réunion des comités méditerranéens de lutte contre le phénomène
· Une meilleure coordination pour plus d’efficacité
400 milliards d’euros en 2008, tel est le montant brassé par la contrefaçon dans le monde, soit 10% du commerce mondial.
Le chiffre fait froid au dos, car il correspond à l’équivalent des rentrées en devises des MRE pendant plus d’un siècle. Le constat a été fait lors de la réunion euroméditerranéenne des comités de lutte contre la contrefaçon, qui s’est tenue la semaine dernière à Tanger. Il donne une idée sur l’ampleur de ce phénomène et de ses ramifications.
L’objectif de cette réunion est d’aider à la mise en place d’un réseau d’organismes pour mieux lutter contre un fléau qui se veut universel par excellence. Dans leur déclaration finale, les représentants d’une dizaine de pays méditerranéens ont insisté sur la nécessité de s’unir pour mieux lutter contre la contrefaçon. Déjà, l’une des premières actions à mettre en œuvre, selon cette même résolution, est de monter un réseau entre les différents organismes de lutte contre la contrefaçon.
« L’échange d’informations est primordial », selon Bernard Brochand, député-maire de Nice et président du Conseil national anti-contrefaçon de France. D’où l’intention des pays méditerranéens d’intensifier leur coordination. Un point important dans ce sens est le soutien de la création de comités nationaux anti-contrefaçon dans les pays où ces entités n’existent pas encore.
Le Maroc fait figure de pays modèle, dans ce sens, selon Brochand. En 2008, il a mis en place le Comité national pour la propriété industrielle et anti-contrefaçon (CONPIAC). Ce dernier a pour rôle de coordonner les actions dans la lutte contre la contrefaçon au niveau du Maroc. Outre la lutte, il a pour mission de sensibiliser le public et les consommateurs.
Mais des statistiques, le Maroc n’en dispose pas encore. « Nous travaillons avec les acteurs concernés pour mettre en place une étude sectorielle sur le phénomène », explique Adil El Maliki, directeur général de l’Office marocain de la propriété industrielle (OMPIC). « Nos efforts se concentrent actuellement sur le secteur de l’Artisanat », affirme El Maliki.
Selon lui, l’artisanat est plus vulnérable car il se transmet par apprentissage. Par contre, l’un des secteurs les plus touchés reste celui des composants électriques. Heureusement, selon le responsable de l’Ompic, le Maroc est épargné pour l’heure de la contrefaçon dans le domaine du médicament. Ceci est dû à la stricte réglementation de ce secteur.
Gangrène
DANS la conscience populaire, la contrefaçon est toujours associée aux produits de luxe, les sacs Vuitton et les Rolex en sont l’image la plus répandue. Mais encore, faut-il savoir que la contrefaçon s’attaque à tous les segments, le luxe ne représente que 10% du total du volume global contrefait, selon Brochand. Les marchés de préférence sont essentiellement les jouets, avec 12% du marché mondial et 10% du marché de la parfumerie et de la cosmétique. Encore plus grave, le faux dans les pièces détachées pour voitures atteint les 10% du marché européen. Le faux atteint aussi des proportions alarmantes dans le domaine de l’électronique. Les iPhone et autres iPod en sont les cibles privilégiées avec divers degrés de plagiat allant de la copie de la forme jusqu’à falsifier la marque et le logo.
A noter que dans d’autres pays, même le médicament n’y échappe pas, outre les pilules bleues pour le traitement des dysfonctionnements érectiles, l’un des médicaments les plus touchés reste les nébuliseurs pour asthmatiques, Ventoline en tête.
Ali ABJIOU
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