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Ci-dessous et sur le site internet www.g20cannes2011.com
Obama, Sarkozy : tous fans de Brochand !

Bernard Brochand est un homme heureux. Le G20 s’est bien passé et, malgré la pluie, sa ville a pu donner une belle image aux délégués et journalistes présents. Alors, avant d’affronter la grogne légitime de commerçants qui ont attendu le client pendant trois jours dans leur camp retranché, le député-maire de Cannes savoure. Sa rencontre avec Barack Obama, d’abord, jeudi soir avant le dîner officiel. Tout en signant le livre d’or de la ville (voir ci-contre), le président américain et l’ancien patron de DDB International en poste à New-York ont longuement devisé. « You should be back » (1) a lancé tout sourire Barack Obama
à Bernard Brochand. « Une rencontre très sympathique, et un honneur immense d’accueillir hier Barack Obama dans ma mairie… »
Deuxième heure de gloire pour le député-maire à la toute fin de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy devant la presse mondiale : « Je tiens publiquement à remercier le maire de Cannes, Bernard Brochand, pour le magnifique accueil qui nous a été réservé », a conclu le président de la République devant un Bernard Brochand aux anges.
« Je suis profondément touché par ces remerciements devant le monde entier. Mais j’éprouve surtout une satisfaction générale pour tous ceux qui ont beaucoup travaillé à rendre cette ville sécurisable et accueillante durant le sommet du G20. »
(1) « Vous devriez revenir… »
Obama remercie les Cannois

Nicolas Sarkozy n’a pas eu le temps mais a promis d’envoyer rapidement un petit texte. Heureusement, le président américain a, pour sa part, pris quelques minutes, jeudi soir, pour gratifier le livre d’or de la ville d’un long et attentionné message à l’attention du « peuple de France et de Cannes ». Un texte rédigé à la main, comme l’ont fait d’illustres prédécesseurs depuis 1929 (le général De Gaulle, l’Abbé Pierre, Robert Schuman, Edouard Herriot…) « Je vous suis reconnaissant pour le merveilleux accueil, et davantage encore pour la forte amitié et l’alliance entre nos deux nations. Puissent les engagements de notre partenariat se renforcer dans les années à venir » a écrit Barack Obama.
Les autres chefs d’États n’ont pas manqué non plus de remercier la France pour son hospitalité. Ou même les Cannois, comme Christine Lagarde, pour leur « patience ».












ARTICLE NICE MATIN DU 1er NOVEMBRE 2011 :
Bernard Brochand : "Ce G20 est une vraie reconnaissance"
Comment obtient-on l’organisation d’un G20 ?
Des rumeurs ont couru qu’en raison de mes rapports personnels avec Nicolas Sarkozy, le chef de l’État avait voulu me faire plaisir. Il n’en est rien. Non, on obtient un G20 sur des faits objectifs. Quatre villes avaient été identifiées pour l’accueillir : Paris, Bordeaux, Nice et Cannes. Le premier critère de sélection a été la capacité à sécuriser la ville. Or, Cannes peut être bien protégée. Ce qui est essentiel. Deuxième critère, la capacité hôtelière : nous disposons de 22000 lits. Et puis les coûts d’organisation.
Justement, combien coûtera ce sommet ?
20 millions d’euros. On est loin des 80 millions annoncés ici ou là…
Et à la ville ?
Rien du tout, sauf des réfections de voirie que nous aurions dû réaliser de toute façon.
Prenez-vous ce G20 comme une récompense, une reconnaissance ?
Une reconnaissance et un encouragement pour les efforts de notre municipalité pour faire renaître Cannes. Mais c’est aussi un défi que tout le monde doit prendre en main. Qu’on soit élu, fonctionnaire municipal ou habitant.
Vous dites souvent qu’il s’agira d’un G20 historique…
Oui, je crois qu’il marquera un tournant dans la vie du monde. Cannes gardera peut-être son nom accolé à un sommet décisif.
Craignez-vous des débordements ?
Il ne faut pas négliger l’éventualité de nuisances violentes. Mais la protection de la ville devrait être de nature à décourager les plus virulents. Et cela ne veut pas dire que les altermondialistes n’ont pas le droit de s’exprimer. Et je ne trouve pas anormal que soit organisé un contre sommet.
Le choix de Cannes a été critiqué pour son côté « bling-bling ». Notamment par vos voisins les plus proches… Qu’en pensez-vous ?
Je ne pense pas que les 300 jours de congrès que nous avons par an sont bling-bling ; je ne pense pas que les journalistes qui suivent nos manifestations toute l’année sont bling-bling. Cette image est depuis longtemps effacée. Ceux qui ont utilisé ces arguments se sont à juste titre fait remettre à leur place…
Quelles retombées économiques attendez-vous de ce G20 ?
Cette manifestation représente 35000 nuitées. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de prospérité de la ville. Le G20 nous rapportera au moins autant qu’un grand congrès. Et les congrès nous rapportent chaque année 845 millions d’euros. Sans compter la médiatisation du sommet et donc de Cannes qui n’a pas de prix… Le G20 sera pour nous une formidable carte de visite.
Certains, surtout chez les commerçants, ont fait part de leur mécontentement. Vous les comprenez ?
Ceux qui se plaignent abusent un peu. Les pêcheurs ont réclamé une contrepartie, j’ai dit non. Le G20 aura de belles retombées économiques et médiatiques.
Vous ne pouvez pas nier le cafouillage sur la fermeture généralisée des écoles dans tout le bassin cannois...
Je le reconnais. L’idée première était de prolonger les vacances pour que les écoles restent fermées. Des parents pouvaient se plaindre que leurs enfants ne soient pas accueillis. Le G20 ne doit pas empêcher que les écoles fonctionnent. Les deux écoles publiques dans les zones de sécurité sont fermées et les enfants accueillis en crèche. De leur propre initiative, des établissements privés ont préféré fermer. Enfin, il y a un lycée réquisitionné. On est arrivé à un compromis. C’est un vrai défi d’avoir une ville ouverte et sécurisée.
Pourquoi pas une palme sur les affiches ?
Là, on aurait dit que l’on fait du bling bling. On a proposé plusieurs projets d’affiche avec une obligation : utiliser le logo de la Tour Eiffel. Avec comme signature "l’histoire s’écrit à Cannes"
Comment Nicolas Sarkozy est-il perçu à l’étranger, en président bling-bling ou en président capable de résoudre la crise ?
Il a créé le G20, il a créé le G8. Il a repris ce rôle que la France doit avoir. Un rôle universel, par rapport à des valeurs et à son passé. Avec lui notre pays donne l’exemple de ce qu’est la liberté, la république, la laïcité... ce modèle français n’est pas du tout obsolète et au contraire parfaitement en ligne avec le nouveau monde. Ce modèle, on ne peut pas le promouvoir en restant immobile et c’est ce qu’il a fait. Si vous additionnez les voyages qu’il a pu faire dans tous les pays du monde depuis quatre ans, les négociations qu’il a pu faire aboutir, la France a eu un rôle de leader.
Donc ça vous énerve quand on entend dire dans l’opposition que Nicolas Sarkozy a abîmé l’image de la France à l’étranger ?
C’est une honte.
Pourtant la France va mal...
Qui peut aujourd’hui dire qu’il n’y a pas de crise ou que Sarkozy crée la crise ? Ceux-là n’ont qu’à aller en Grèce, en Espagne, aux Etats-Unis, ils verront ce que c’est que la crise.
Vous nous dites que c’est un bon capitaine. Qu’est-ce qu’il a en plus que les autres ?
La santé et une énergie hors du commun. Plus le courage de toujours se relever et le courage de ne jamais mentir.
L’énergie et le courage, mais a t’il des solutions ?
Il ne les a peut-être pas, mais qui les a ?
L’avez-vous déjà accompagné en voyage officiel ?
Oui, une fois. Il m’avait emmené à Rome pour une réunion sur la contrefaçon avec un ministre italien. Au bout d’un moment j’avais l’impression que c’était lui le ministre italien ! il a tout dirigé et leur a même donné des conseils. J’ai vu cette empathie qu’il avait mais surtout sa force de convaincre et son intelligence. J’ai rarement vu quelqu’un qui a une telle maîtrise de tous ses dossiers.
Lui reprochez-vous une erreur pendant son quinquennat ?
Oui, a un moment donné, une certaine forme d’agitation, due certes à son énergie débordante et à son envie d’aboutir vite.
Les sondages sont mauvais. Sarkozy peut-il encore rebondir ?
Oui. Rien n’est joué. Je suis persuadé que les Français, face à cette crise mondiale terrible, vont à un moment, devant l’urne, se dire "à qui je vais confier ma vie, celle de ma famille et de mes enfants, dans ce chaos ?"Et ils sauront choisir.
En 2007 il a été l’homme de la sécurité, du pouvoir d’achat, quel est le concept de 2012 ?
Je pense que le programme qu’il va présenter sera suffisamment nouveau et suffisamment fort pour que les Français réfléchissent effectivement à deux fois. Ce sera autour des valeurs d’une nouvelle société. Il sera obligé d’avoir un projet de réforme fiscale, une réforme de l’école... La rupture, il n’a peut-être pas pu la faire à cause de la crise, mais là il sera obligé de la faire. Il faut une vraie renaissance, créer une nouvelle société dans tous les domaines.
En bon communiquant, la campagne vous tente-t-elle ?
J’ai participé à quasiment toutes les campagnes, mais à la différence de certains collègues publicitaires, moi je ne dis jamais à quoi je vais participer. Même après. Je ne dis rien parce que je trouve que c’est prétentieux, de la part de ceux qui sont des conseillers, de jouer les deus ex machina qu’ils ne sont pas. Même si vous êtes là pour aider, pour mettre en forme, ce n’est pas vous qui faites le programme économique ni le programme social.
La question de l’Internaute : Fabien, Cannes
La naissance de la fille de Nicolas Sarkozy peut-elle redorer le blason du Président ? Est-ce un atout pour sa communication ?
« Moi en tant que communicant, je lui aurai conseillé de faire ce qu’il fait… c’est-à-dire de ne pas communiquer. Dans ces périodes-là je ne me sentirai pas de suggérer à Nicolas Sarkozy d’utiliser cette naissance pour remonter la pente. Ceci étant, c’est toujours bon de vivre ses instants, d’avoir un enfant, de vivre avec une femme qu’on aime. En tout cas, l’impact auprès des Français reste important. La preuve ? À chacun de ses déplacements on lui en parle, on le félicite. Cela crée de la tendresse affective… »
Pourquoi le G20 ?
Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s’agissait à l’origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique.
Confronté à la plus grave crise économique et financière depuis la seconde guerre mondiale, le G20 s’est transformé fin 2008, sous l’impulsion de la France, alors Présidente en exercice de l’Union européenne, en instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics. Lors du Sommet fondateur de Washington de novembre 2008, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un plan d’action exceptionnel pour éviter l’effondrement du système financier et de l’économie mondiale.
Depuis, le G20 s’est réuni régulièrement : à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010, enfin à Séoul en novembre 2010. Il est devenu la principale enceinte de coopération économique et financière, pour assurer une croissance mondiale fondée sur des bases saines et solides.
Qui est membre du G20 ?
Le G20 représente 85 % de l’économie mondiale et 2/3 de la population mondiale.
Il est composé de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l’Union européenne.
Les membres du G20 peuvent décider chaque année d’inviter un nombre limité d’autres pays et d’organisations régionales à leurs sommets.
Pour mener à bien ses travaux, le G20 s’appuie sur l’expertise technique d’organisations internationales, notamment du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Conseil de stabilité financière (CSF).
Comment fonctionne le G20 ?
Le G20 repose sur un système de présidence tournante annuelle peu formalisé. Chaque année, un pays membre du G20 est chargé d’organiser et de faire progresser tout au long de l’année les négociations préparatoires des Sommets des chefs d’Etat et de gouvernement. La France a l’honneur d’assumer cette lourde responsabilité pour 2011.
Compte tenu de la prédominance des sujets économiques, la filière Finances joue un rôle essentiel dans l’avancement des négociations du G20. Plusieurs réunions des Ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales ont lieu chaque année pour préparer les décisions des chefs d’Etat et de gouvernement.
La présidence du G20 peut également organiser des réunions thématiques spécialisées. La France organisera ainsi en 2011 un G20 des ministres du travail et de l’emploi et un G20 des ministres de l’agriculture.
Quels résultats ?
L’action concertée du G20 a permis d’amortir le choc de la crise sur la croissance et l’emploi et de rétablir la confiance plus tôt que ne le prévoyaient les analystes.
Les pays du G20 ont en effet déployé des moyens inédits pour soutenir l’économie mondiale : plans de relance budgétaire massifs et coordonnés, injections de liquidités par les banques centrales, mesures de soutien aux activités de crédit des banques, renforcement considérable des capacités d’aide des organisations internationales aux pays émergents ou en développement.
Mais le G20 s’est également attaqué aux racines de la crise qui a une double origine : l’accumulation de déséquilibres macroéconomiques mondiaux et les défaillances de la régulation financière.
Pour réduire les déséquilibres mondiaux, le G20 a créé un cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée (Cadre pour la croissance), afin de réorienter les stratégies nationales dans un sens plus favorable à l’économie mondiale.
Le G20 s’est accordé sur un plan de régulation financière sans précédent, à la mesure de l’ampleur de la crise financière. Les résultats enregistrés à ce jour sont très importants (Régulation financière). Le champ du contrôle et de la surveillance financière s’est élargi à des acteurs, à des produits, à des activités ou comportements à risque qui faisaient jusqu’ici l’objet de peu ou pas d’encadrement dans le secteur.
Enfin, le G20 a fait évoluer en profondeur les modes de prise de décisions économiques au niveau mondial, notamment en réformant la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale.
Le G20 doit désormais passer l’épreuve de l’après-crise et montrer sa capacité à coordonner les stratégies de politique économique des grands pays, y compris dans un contexte de reprise où certains pourraient être tentés par des stratégies nationales non coopératives.
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