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Discours de réception de Bernard Brochand à l’occasion de la Fête Nationale Française le 14 juillet 2011

Chers Cannoises, chers Cannois, Vous tous chers amis,

Je vous remercie d’être venus nombreux, cette année encore, pour fêter ensemble notre fête nationale. Au terme de cette matinée commémorative où il nous a été donné d’honorer la mémoire de nos morts, il n’est pas inutile de nous poser un instant pour méditer sur l’avenir de notre pays, de l’Europe en pleine turbulence, et du monde. Nous en avons pris l’habitude depuis 10 ans et c’est certainement le jour où jamais de porter un regard objectif sur notre situation et de nous poser les bonnes questions avec courage et lucidité pour, le moment venu, faire les meilleurs choix.

Le monde dans lequel nous vivons est un monde de chocs, d’affrontements violents : qu’ils se situent sur le plan politique, militaire, économique, social, climatique. La première vérité est que le monde tel que nous l’avons connu n’existe plus, rien ne sera jamais plus comme avant. Le passage au IIIème millénaire s’est accompagné d’une série de phénomènes qui remettent en cause notre ancienne vision des choses, désormais dépassée. Les repères d’autrefois sont tombés, les rapports de force qui les accompagnaient sont révolus, la puissance a changé d’adresse et notre vieux continent, qui s’est longtemps reposé sur ses acquis, a fini par s’embourber dans ses vieilles et arrogantes certitudes.

Notre époque est une époque de défis que nous devons relever avec humilité, avec pragmatisme, avec courage, avec lucidité encore une fois, avec détermination. Il n’est rien de fatal, il n’est rien d’irrémédiable dans les événements que nous traversons, tout tient à notre volonté, à notre vision, à notre action. Tout tient au choix que nous faisons de subir ou d’être à l’initiative du nouveau monde.

1. 10 ans de 14 juillet

J’y faisais allusion, voilà dix ans que nous nous retrouvons chaque année, voilà dix ans que vous nous avez confié à mon équipe et moi-même la destiné de Cannes. Nous nous sommes présentés à vos suffrages, hommes et femmes de bonne volonté, ayant le goût et la passion de Cannes, avec une stratégie claire : rendre notre ville attractive pour qu’elle retrouve sa prospérité, et que celle-ci puisse être partagée par tous les Cannois à travers une modernisation des équipements et des infrastructures publiques, un embellissement de nos quartiers, de nos espaces verts, et de nos rues, une amélioration constante de la qualité de vie, un renforcement de la solidarité et la création d’un vrai vivre ensemble, une réelle sécurisation de la cité.

Au terme de cette décennie, le constat s’impose que notre ville a changé, qu’elle a su entrer dans ce IIIème millénaire en anticipant le nouveau monde tel qu’il se profilait, à travers une gouvernance mêlant une approche de proximité, par l’écoute, le dialogue, la concertation constante avec les Cannois, et l’international. Nous avons fait le choix de renforcer les pôles d’excellence de Cannes que sont le tourisme bien sûr, mais aussi l’industrie spatiale, le nautisme, l’événementiel, le marché du luxe.

Vous avez sans doute pu prendre connaissance du hors série de Cannes Soleil, édité spécialement pour ce 10ème anniversaire, et constater l’heureuse transformation de notre ville dans tous ses quartiers. Même s’il reste toujours à faire, même si tout est toujours perfectible, tout esprit objectif admettra sans peine que cette belle évolution s’est faite dans le respect total de l’identité locale.

Et, à l’heure de la crise, à l’heure où l’économie mondiale s’ébranle et fait basculé des Etats, Cannes résiste au choc, Cannes traverse le tumulte, Cannes prospère même et investit encore dans l’avenir. Cannes inspire confiance aux investisseurs extérieurs qui, au total, avec la collectivité, vont dépenser plus de 1,5 milliards d’euros d’ici 2014 pour la réalisation de projets dans notre commune. Parce que les choix, notamment financiers, que nous avons fait depuis 10 ans étaient ceux de la raison, du bon sens, ceux d’une gestion responsable et surtout prévoyante, valorisant le patrimoine de la commune de plus de 740 millions d’euros pour le porter à 2,3 milliards d’euros, sans jamais augmenter, depuis 2011, les taux communaux d’imposition locale. C’est une véritable performance et aujourd’hui devant vous je veux saluer et remercier les élus, les fonctionnaires et les employés municipaux qui donnent de leur temps, souvent en plus de leur activité professionnelle, qui consacre beaucoup d’énergie pour travailler les dossiers, être à votre écoute, répondre aux sollicitations des Cannois, mettre en œuvre chaque jour le grand projet de Cannes. Je le crois, grâce à eux, grâce à leur travail, Cannes a valeur d’exemple pour notre pays et ce n’est pas un hasard si elle accueille désormais de plus en plus de sommets internationaux, si elle accueillera le G 20 en novembre prochain. Cannes est une vitrine de l’excellence à la française et nous pouvons, sans nous gonfler d’orgueil, en être tout de même très fier et maintenir le cap de ces succès pour en remporter de nouveaux et les transposés à l’échelle de la France.

2. La France est en guerre sur tous les fronts

Tout d’abord, comme je l’ai dit il y a quelques instants au monument aux Morts, je vous demande d’avoir une pensée, et affirmer, à nouveau, notre reconnaissance à tous les soldats français qui combattent dans le monde au nom de la France pour la liberté de nos valeurs. Je vous propose de faire une minute de silence pour tous ces soldats et, en particulier les cinq Français qui sont morts hier en Afghanistan.

Par ailleurs, soyons lucides la France est en guerre sur tous les fronts car il serait tout à fait vain -et quelque peu immature- de se le cacher, notre pays est lui aussi touché par les multiples crises que traversent l’Europe et le monde. Nous ne vivons pas retranchés à l’écart du reste de la planète. Ce qui touche les peuples de la terre nous touche aussi, parce que le phénomène est mondial, parce qu’un nouvel ordre est en train de se mettre en place avec des équilibres nouveaux.

Et il n’est pas question pour nous de subir passivement, d’assister en spectateur impuissant, écrasé de résignation, au spectacle d’un monde en pleine mutation. La France qui s’est engagée dans la voie de la modernité doit poursuivre ses efforts pour renforcer sa solidité. Aujourd’hui, alors que plusieurs pays comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie connaissent une véritable explosion de leurs taux d’emprunts, rendant leur dette abyssale et leur capacité de remboursement de plus en plus compromise, la France et l’Allemagne restent les deux piliers de l’Union Européenne et la caution de sa survie. Il est à souhaiter et à prendre toutes les mesures nécessaires à un retour à la stabilité afin d’éviter une contagion plus grave et le risque d’une implosion de l’Union. C’est le devoir, le rôle et sans doute la légitimité du duo Franco-germanique qui doivent imposer à l’Union Européenne des règles qui lui permettront de redevenir compétitive et à ses Etats de retrouver la voie de la prospérité face aux pays émergeants débridés de toute contrainte.

Mais au-delà c’est l’organisation du monde, de ce nouveau monde, qui est à penser, à réfléchir, à réguler, à harmoniser. Les pays qui participeront au prochain G 20, ici même à Cannes, en ont la lourde tache, La France, par la voix de sa présidence actuelle, doit porter un projet conforme à ses aspirations profondes, un projet humaniste aux valeurs de liberté, d’équité, de justice et de solidarité entre les peuples. Elle l’exprime déjà dans ses engagements militaires sur les différents terrains de conflits pour aider les hommes et les femmes qui aspirent à la liberté, comme d’autres l’ont fait pour nous en 1944 notamment, alors que nous étions encore sous le joug de l’occupant nazi. La liberté est une valeur fondamentale de notre République et nous n’en avons pas l’exclusive. Tout être humain doit pouvoir y aspirer et y accéder. Lorsque la France s’engage en ce sens, elle renoue avec les Lumières, elle est pleinement ce que nos aînés ont voulu en faire : un phare pour le monde, une lueur d’espoir.

Voilà pourquoi j’ai envie de dire qu’être Français c’est porter en soi l’espoir, c’est être un acteur d’espoir, c’est tout le contraire du pessimisme, c’est tout le contraire du négativisme, c’est avoir de l’audace, c’est entreprendre l’impossible, se relever après la chute et aller de l’avant, toujours. Etre Français, c’est être optimiste, c’est ne pas se résigner, ne pas abandonner, ne pas désespérer. Voilà notre identité nationale. C’est d’être libre. Libre face à la peur, libre face au découragement, libre face à la lassitude, libre face à la résignation, libre face à la fatalité.

Je crois qu’il n’est pas de meilleure aspiration dans les temps que nous traversons que celle-là. Etre libre, c’est être pleinement homme. Et être homme c’est, comme l’écrivait Saint Exupéry, être responsable, responsable de soi, responsable de l’autre, responsable de la collectivité, de son pays, responsable de l’avenir.

Voilà pourquoi, le Parlement doit poursuivre le redressement de la France, au côté du Gouvernement et du Président de la République. Voilà pourquoi il doit aller au bout des réformes engagées et qui nous permettent de traverser bien mieux que d’autres la crise actuelle. A l’horizon du monde nouveau qui se dresse devant nous, nous devons apporter une nouvelle société française. L’histoire de France est une longue marche de modernité. A chaque époque, elle a su trouver en elle les ressources et le génie nécessaires à son rayonnement, à son autorité morale dans le monde, à sa référence culturelle, à son exemplarité sociale. Je crois qu’elle dispose aujourd’hui des forces vives, des hommes, des femmes et des moyens dont elle a besoin pour se maintenir dans le concert des nations et porté un projet réaliste, conforme à ses valeurs et à ses aspirations profondes, dans le respect des peuples.

3. L’appel de la Castre

Mes chers amis, j’aimerai lancer aujourd’hui un appel, appelons-le l’appel de la Castre. Cet appel se veut solennel, important et vital pour notre pays, pour notre ville. Je le fais en toute humilité et me garderai bien de le comparer à celui du 18 juin 1940 du Général de Gaulle qui a appelé la France à résister, à se battre pour retrouver son honneur et sa liberté. L’appel que je souhaite faire aujourd’hui c’est celui d’un pays qui entend se tenir debout face à l’adversité d’un monde en ébullition. L’appel à la vie, l’appel à l’espoir, l’appel à l’action. Et cet appel n’est pas anodin en ce lieu où trône précisément Notre Dame d’Espérance qui veille, depuis Le Suquet, sur notre ville entière.

Nul ne sait de quoi demain sera fait. Mais cet inconnu, au lieu de nous inquiéter, parfois même de nous terroriser, doit nous mobiliser, toutes et tous, dans une même direction, au sein d’une cohésion et d’une unité nationale solides et sincères. Les temps que nous traversons exigent que nous jetions toutes nos forces dans la bataille pour la France, au-delà de nos personnes, au-delà de nos individualités, au-delà de nos intérêts particuliers. La voie dans laquelle la France est engagée, sous l’impulsion du président de la République, est à mon sens la bonne. Le redressement est en cours et déjà la France tient bon quand d’autres pays autour de nous s’effondrent. Alors, poursuivons ensemble ce qui a été engagé pour que de plus en plus de Français retrouvent leur autonomie et notre jeunesse un sens à son avenir.

Paul Valery écrivait que « L’inconnu est l’espoir de l’espoir ». Saisissons ensemble cet inconnu, saisissons ensemble cet espoir pour concrétiser un monde meilleur, pour favoriser une vie meilleure pour tous.

C’est à cela que la France vous appelle aujourd’hui à l’occasion de cette fête nationale. C’est à cela que je vous invite ce matin. Pour y parvenir, nous avons besoin d’hommes et de femmes du quotidien mais exceptionnels pour défendre la France, des hommes et des femmes comme hier de résistance, solides, résolus, déterminés, des hommes et des femmes de conquête, expérimentés, sachant prendre des décisions dans un esprit de justice.

Demain, comme aujourd’hui, Cannes, la France, l’Europe et le monde auront besoin de vous, de nous TOUS, pour qu’ensemble, nous réussissions ce monde nouveau, pour qu’ensemble nous construisions une « nouvelle société », pleine de solidarité, de mieux vivre, de vérité, d’art de vivre à la française, de conquête et d’espoir.

Vive la République Vive la nouvelle France !

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