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Vous présentez lundi au conseil municipal les orientations budgétaires de 2009. Les Cannois s’interrogent : allez-vous, en cette période de crise, augmenter les impôts locaux ?
C’est hors de question. Ni en 2009, ni les années suivantes. Paris a annoncé des impôts locaux en hausse de 9 %. Si nous faisions pareil nous récupérerions 9 millions d’euros. Mais il est inconcevable de faire supporter au contribuable davantage qu’il n’endure déjà. Cette crise a forcément un impact sur les finances de la ville... Nous sommes lucides. La crise est là, nous ne pouvons l’ignorer. On la voit, on la sent au quotidien dans les inquiétudes et les questions des Cannois. Et évidemment elle aura des répercussions dès cette année sur nos recettes. Prenez par exemple les casinos. Ils ont rapporté à la ville l’année dernière 15 millions d’euros. Nous ne toucherons en 2008 que 9 millions. Le manque à gagner représente l’équivalent de deux crèches. Ce n’est pas rien ! La conjoncture immobilière est elle aussi désastreuse. Or nous touchons une taxe liée au volume des transactions. Celles-ci pourraient baisser de 20 % l’année prochaine...
Alors comment faire pour maintenir le cap sans dommages ?
En nous appuyant sur la solidité de notre gestion. Nous sommes arrivés en 2001 avec 221 millions de contentieux sur les bras. 90 % d’entre eux ont été résolus. Imaginez seulement ce que cela nous coûterait s’il avait fallu payer. Solides aussi, car nous avons investi lorsqu’il le fallait. Ces investissements sont le gage de notre avenir. Depuis 2001, les acquisitions foncières ont enrichi la ville de 170 millions d’euros. Aujourd’hui, notre dette, qui s’élève à 300 millions d’euros, est gagée par ces 170 millions. Il nous faut malgré tout faire des économies. Nous le ferons en réduisant nos dépenses de fonctionnement de 5 % en 2009.
Sur quels postes précis comptez-vous réduire la facture ?
Sur tout. Seul 1 départ de fonctionnaire sur trois sera remplacé. Nous comptons ainsi économiser entre 3 à 4 millions d’euros. Même si c’est anecdotique, nous allons réduire de 30 % nos frais d’affranchissements postaux. Et puis nous allons nous attaquer à tout ce qui n’est pas indispensable. Pas de feu d’artifice de fin d’année ; pas de passage de Paris-Nice à Cannes en 2009 ; pas de tournoi Zidane non plus l’année prochaine, par exemple.
Les subventions aux associations sont-elles concernées par ces mesures ?
Oui. Nous allons les réduire en moyenne de 5 %. Sauf pour les associations sociales ou caritatives comme J’avais faim ou Parcours de femmes auxquelles nous ne toucherons pas. En revanche, la subvention des pros de l’AS Cannes sera réduite de 35 à 40 % sur le million qu’on leur attribue chaque année. Les deux clubs de volley verront aussi leurs subventions réduites de 100 000 euros chacun.
Comptez-vous malgré tout poursuivre votre politique d’investissements ?
Nous resterons offensifs. Mais là où nous mettions 50 millions par an, nous ne mettrons l’année prochaine que 35 millions. Aucun de nos grands projets n’est remis en cause. Mais on « lisse » dans le temps et on renégocie les coûts.
Qu’en est-il, alors, du centre nautique, de la technopole de l’image, du pôle universitaire ou bien encore de l’extension du Palais des festivals ?
Ils se feront, mais si ce n’est pas en deux ans, cela se fera en quatre. Et à chaque fois grâce à la revente d’acquis fonciers ou de terrains communaux comme celui de l’ancien Palais des Sports de Picaud rendu disponible par la construction du Palais des Victoire et qui vaut aujourd’hui 50 millions d’euros. Ou bien encore, pour le pôle universitaire, par la revente du terrain Astegiano à La Bocca. Quant au Palais des festivals, son extension se fera en grande partie avec un financement public de l’État, de la Région et du Département.
Qu’en est-il du logement social ?
Cela reste notre priorité. Là encore, grâce au foncier acquis, nous poursuivrons la création de 300 logements chaque année. Et comme nous sommes soucieux du pouvoir d’achat des Cannois les plus défavorisés, nous allons créer 300 jardins familiaux dans les 3 ans qui viennent. Savez-vous qu’un jardin de 100 m2 permet d’alimenter en légumes une famille de quatre personnes pendant un an ?
Est-il concevable pour poursuivre cette politique d’investissements, même en l’étalant dans le temps, de ne pas avoir recours à l’emprunt ?
Il n’y aura pas d’emprunt supplémentaire en 2009. Mais ce qui est important, ce ne sont pas les emprunts. C’est la charge de la dette (ce que la ville rembourse chaque année avec l’argent du contribuable, N.D.L.R.). Cette charge était de 28 millions par an à notre arrivée. Elle est aujourd’hui de 24 millions.
Avez-vous de bonnes raisons de rester optimiste ?
Je suis surtout positif. Cannes n’a pas à se plaindre. Parce que c’est Cannes et qu’elle génère des richesses que d’autres n’ont pas. Je suis même convaincu qu’en 2009 et malgré la conjoncture, nous parviendrons à réduire la dette de 3,5 à 5 millions d’euros.
Propos Recueillis Par Christian Huault
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