|

Retour sur 2008
Quel restera votre premier motif de satisfaction en 2008 ?
Le logement social. Nous avons maintenu nos objectifs. Et dans la conjoncture actuelle, ce n’était pas gagné. Je suis convaincu que la relance ne pourra d’ailleurs se faire qu’à travers l’immobilier. C’est lui qui a perdu le monde, c’est lui qui le sauvera. Nous poursuivrons nos efforts de construction, y compris en aidant les privés. Mais nous affichons aussi beaucoup d’autres motifs de satisfaction. En matière de tourisme, 2008 n’a pas été loin du record de 2007 : la fréquentation est restée excellente, les congrès ont bien tenu, les hôteliers ont fait le plein. Dans le reste de l’économie, Thalès a encore gagné des commandes. Mais il ne peut y avoir de prospérité sans sécurité. Nous achevons l’année avec une baisse de 5 % des faits de délinquance sur la voie publique. A notre arrivée, on en comptait 8 600 par an. On est aujourd’hui retombés à 4 500. Et on doit encore faire mieux...
Votre principal regret ?
Je n’en ai vraiment aucun. Pas plus de remords. Je veux être dans l’action. J’admire et je soutiens ceux qui font et qui sont dans l’engagement. Être maire, c’est un engagement de missionnaire au quotidien qui fait mon bonheur.
Vous ne gardez aucune amertume de la période tendue des dernières élections municipales et de votre victoire à l’arraché ?
Je n’ai rien à dire là-dessus. On a gagné, un point c’est tout ! Je ne veux pas entrer dans la polémique. Avec mes adversaires, nous n’avons pas la même façon de faire de la politique. Certains se disent à droite mais n’ont pas la philosophie de droite...
Et que répondez-vous à ceux qui vous reprochaient votre manque de proximité ?
Où sont-ils lorsque je fais des tournées la nuit avec la police ou avec les ramasseurs de poubelles ? Les gens ne sont pas idiots. Ils voient bien que je suis à mon bureau dès 7 heures.
La crise
Qu’est-ce qui vous fait dire que Cannes résiste mieux que les autres à la crise ?
La prospérité qu’a connue Cannes au cours d’une année aussi tourmentée que 2008 nous conforte dans nos convictions que nos bases sont solides. Quoi qu’en disent les défaitistes. Nos recettes sont plus « sécures » que les autres. Nous sommes mieux armés pour affronter la crise. Il y aura toujours des gens riches qui viendront à Cannes. Le pire n’arrivera pas. Regardez tout ce qui a été fait depuis notre arrivée et comparez-le ailleurs...
Ne venez-vous pas de donner raison à vos adversaires en réduisant drastiquement les dépenses de la ville ?
On a pris des décisions économiques dures parce que le contexte les impose. On a reculé certains projets comme le centre aquatique, mais on a maintenu nos efforts envers les associations à caractère social. Quelle ville de la même taille aujourd’hui investit encore 49 millions d’euros ?
Vous avez renoncé à contracter de nouveaux emprunts cette année, est-ce à dire que Cannes est trop endettée ?
On est arrivé à la limite des ratios. Et je pense qu’il faudra réduire la dette. Mais celle-ci est saine : elle nous a permis d’acheter des actifs qui valent aujourd’hui beaucoup plus chers et qui servent à des développements qu’on n’aurait pas pu entreprendre autrement. Comme le technopôle à la Bastide-Rouge ou le parking Saint-Nicolas : deux opérations qui ne coûteront pas un sou à la Ville. Je ne comprends pas que les gens ne comprennent pas ça. On n’est pas en situation de faillite comme certains osent dire !
Vous n’avez jamais augmenté les impôts. Tiendrez-vous le coup ?
Il n’aurait pas été raisonnable de les augmenter en pleine crise, au risque de fragiliser les plus faibles. C’est à nous de faire tous les efforts possibles pour optimiser nos ressources. Je suis aussi contre l’ISF. J’ai vu des gens qui s’étaient saignés pour s’acheter un petit appartement à Cannes, obligés de le revendre pour payer cet impôt injuste contre lequel j’ai déposé plein d’amendements à l’Assemblée nationale.
|