|

« C’est un parpaing qui vaut quelques briques ! » A en croire la galéjade du président du Palais des festivals, c’est plus qu’une première pierre qu’est venu sceller hier matin Patrick Devedjian.
Le ministre en charge du Plan de relance a accompli, dixit David Lisnard, « un acte très fort » en inaugurant les travaux d’embellissement et de restructuration du Bunker.
Quatre ans de travaux
La petite foule qui assistait au coup de truelle, aura constaté que ce ne sera pas du luxe. Entre l’entrée principale et l’escalier grimpant au théâtre Debussy, où s’élèvera bientôt un monte-charge, la façade s’effrite. « Quand on regarde d’un peu plus près ce bâtiment mythique, on se dit que le cinéma c’est beaucoup d’illusions », s’amuse le ministre en songeant au Festival. « Derrière ce beau calicot, c’est la ruine ! », renchérit le député-maire Bernard Brochand en désignant une grande bâche affichée au mur annonçant les travaux. Si ceux-ci ont été lancés hier pour profiter d’une tournée départementale du ministre, le chantier ne débutera qu’en juin afin de ne pas nuire aux événements à venir.
Il consistera, sur un peu plus d’un an, à agrandir le foyer du théâtre Claude-Debussy, à rénover le parvis côté Croisette et à restructurer les façades nord et ouest. Cette première phase sera suivie en 2011 et 2012 de l’embellissement et de la modernisation du grand et des petits auditoriums (Nice-Matin du 3 mars).
Le tout devrait coûter plus de 57 millions d’euros. Au travers de leurs plans de relance, l’État a débloqué 3,5 millions et le conseil général 5,7 millions.
Pour son président, Éric Ciotti, « La ville de Cannes apporte beaucoup au département, il était légitime que le Département soit solidaire avec un projet aussi important pour Cannes. » Même logique du côté du ministre : « Le Palais est un enjeu économique majeur pour Cannes et sa région ».
Le ministre : « C’est une première dotation »
Reste le conseil régional qui « va revoir complètement ce projet » pour verser son obole, fait miroiter sa représentante, Apolline Crapiz. Mais pas question de rallonge pour les 80 millions d’euros nécessaires à l’extension souterraine du Palais : « Ce projet pharaonique pourrait coûter très cher aux Cannois. » Insinuation qui fait bondir le maire : « Ça ne (leur) coûtera rien ! »
Pour cette troisième phase de travaux, Bernard Brochand peut compter sur un nouveau geste du gouvernement laisse entendre Patrick Devedjian : « C’est une première dotation qui doit jouer un rôle catalyseur. L’État saura vous accompagner plus longuement... »
|