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A Nice aujourd’hui, il y aura un Sarko in et un Sarko off. La visite présidentielle de Nicolas Sarkozy, la cinquième en baie des Anges depuis son élection, aura deux visages. Boulot, boulot d’abord avec un programme minuté donc le point d’orgue sera à midi une table ronde sur le thème de la lutte contre l’insécurité et les violences. Mais aussi un côté « off » au gré d’une rencontre à huis clos avec les militants UMP des Alpes-Maritimes.
D’une pierre deux coups donc. Scénario finalement immuable des déplacements de Nicolas Sarkozy en province. Même si c’est d’abord de sécurité que le chef de l’Etat vient parler à Nice.
Alors que Martine Aubry tire à boulets roses sur cette « mise en scène à but électoral », l’entourage présidentiel ne change pas de cap. Nicolas Sarkozy a bel et bien prévu de faire une série d’annonces de portée nationale sur le sujet.
La délinquance n’est pas immuable
« Assez d’angélisme », ripostait hier Christian Estrosi auquel le président de la République a confié la mission d’être le rapporteur d’une proposition de loi contre les violences commises en bande. « Au prétexte que 17 lois sur la sécurité ont été adoptées depuis 2002, on nous reproche de légiférer. Nul n’oserait nous faire le reproche de travailler à une énième loi en matière de santé... si une nouvelle donne sanitaire l’imposait. Nous sommes pourtant en matière de sécurité dans ce cas d’espèce. Le phénomène des bandes - dont on a pu mesurer l’ampleur à Nice en marge d’une manifestation pour la paix à Gaza ou, récemment, dans un lycée de Seine-Saint-Denis - est une dérive qui pose problème. »
La réponse à apporter à cette nouvelle forme de délinquance urbaine serait donc urgente. Et elle passerait dans les quartiers sensibles, mais pas exclusivement, par une lutte sans merci contre l’économie souterraine. Contre ces petits trafics de stupéfiants, de faux documents (voire de faux diplômes), de pièces détachées, sans parler du travail au noir, qui alimentent les trésors de guerre de bandes organisées, favorisant l’émergence supposée d’associations de malfaiteurs new-look.
Lutte contre l’économie souterraine
Si le secret des annonces présidentielles est bien gardé jusqu’à ce matin, tout laisse à penser que le train de mesures concocté par le président Sarkozy tournera autour de la lutte contre l’économie souterraine. Au Palais Acropolis, lors d’une table ronde publique (voir par ailleurs), le chef de l’Etat a ainsi tenu à associer à la réflexion un magistrat, le chef du Groupement Régional d’Intervention de Nice, mais aussi le directeur régional des douanes, le directeur des services fiscaux, le représentant de l’association Montjoye d’aide aux victimes et, enfin, la principale du collège des Jasmins de Grasse. Comme un signal d’une volonté politique « d’agir en réseau » contre toutes les formes de délinquance endémique qui, au final, aboutissent à la désorganisation de la vie économique sociale et pas uniquement à des violences » ?
L’avenir le dira. Il se murmure que l’une des réponses de Nicolas Sarkozy à cette problématique pourrait être la multiplication des Unités territoriales de quartiers. Leur mission : s’adapter à la délinquance de proximité qui alimente toutes les économies souterraines. Mais pour l’heure ces UTEQ ne sont encore expérimentées que dans trois quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis, de l’agglomération toulousaine et des Bouches-du-Rhône.
à l’économie souterraine ?
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