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Répondre à ce genre de sollicitation, ce n’est pas dans ses habitudes. Passer en direct dans une émission comique de radio, vraiment pas la tasse de thé du député-maire, Bernard Brochand...
Cependant, quand l’invitation vient du maître des ondes, Philippe Bouvard, la donne est différente.
D’autant que ce dernier délocalise, pour la toute première fois, en 33 ans, l’enregistrement des Grosses Têtes (1) dans sa splendide villa de la Californie.
D’autant, aussi, que Bouvard n’est pas franchement un étranger pour le député-maire. Au contraire. Trente ans que ces deux-là se connaissent. Brochand, Bouvard. Bien plus que de simples connaissances. Deux amis. « J’ai rencontré Philippe au cours de ma première vie, raconte le maire de la ville. Lorsque j’étais publicitaire, j’ai souvent eu l’occasion de le croiser à RTL. Nous nous sommes alors liés d’amitié. Et nos relations se sont poursuivies à Cannes. Nous habitons même, aujourd’hui, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. »
Pas de complaisance
Dès lors, accepter l’invitation et se jeter dans la gueule des Grosses Têtes était une évidence. Mais l’amitié n’impose pas la complaisance. Hier après-midi, dans le studio installé au bord de la piscine de notre billettiste, la troupe de Bouvard n’a pas ménagé le député-maire. Dès son entrée en scène, vers 16 h 30, le maître des lieux donne le ton : « Pourquoi Cannes a-t-elle une gare indigne de son statut ? » Première question poil à gratter. Et beaucoup d’autres vont suivre : design du Palais, crise, impôts locaux... La gestion de la ville est passée au peigne fin. Mais le maire, très à l’aise, ne bronche pas.
Assis face à Bernard Mabille, Jacques Balutin, Amanda Lear, Éric Laugerias, Jacques Mailhot, et, entre Philippe Bouvard et Sim, Bernard Brochand répond tout sourire. Il plaisante. Mieux, il truste l’antenne ; reléguant presque la bande de drôles aux seconds rôles.

« Ils nous embêtent ces gens du vélo »
Et déjà, il est 17 heures. Fin de la première heure d’émission. Quelques minutes de répit avant la reprise. Chacun sa méthode pour patienter. Vincent Perrot et Sim s’allument un cigare au bord du bassin. Philippe Bouvard, lui, peaufine ses notes. Tandis que les autres discutent et commentent l’actualité du jour. À quelques mètres, le producteur de l’émission est en discussion avancée avec Paris. Le ton monte. La rédaction prévoit de passer les cinq derniers kilomètres du Tour de France en direct. À Cannes on n’en veut pas plus de trois. Mais la capitale a le dernier mot. Les quelques minutes de repos traînent en longueur. Philippe Bouvard préfère en rire : « Ils nous embêtent ces gens du vélo. Ça ne nous intéresse pas. Nous, on circule en voiture... »
Finalement, les deux millions d’auditeurs retrouvent l’air cannois et leurs chères Grosses Têtes vers 17 h 15. L’épisode n’a pas altéré la joie et l’humour de la bande. Reste 45 minutes de rire et de bonne humeur... 45 minutes d’une recette qui a fait et refait ses preuves depuis plus de trente ans.
1. À la demande du président sortant de RTL Axel Duroux, Philippe Bouvard et sa bande ont accepté de faire une semaine de Grosses Têtes supplémentaire avant de partir en vacances. Pour la première fois en 33 ans d’émission, celle-ci n’a pas été enregistrée dans les studios parisiens. Mais dans la villa cannoise de Philippe Bouvard.
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