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Bernard Brochand, Député Maire de Cannes, a souhaité participer à l’enquête réalisée par Nice Matin sur l’identité cannoise. En sa qualité de premier magistrat de la ville, Bernard Brochand se sent investi de la mission de préserver cette identité, de lui donner un sens, et de faire taire les préjugés

On résume souvent Cannes aux paillettes et au luxe. Que pensez-vous de cette vision de l’identité de la ville ?
Je me refuse de réduire Cannes aux paillettes. Si les gens ont cette vision réductrice, c’est évidemment à cause du Festival du Film et de toutes ses stars. Mais il ne faut pas oublier que ce festival, justement, a été imaginé en 1939 afin de rivaliser avec la Biennale d’Art de Venise de Mussolini. Et ça, ce ne sont sûrement pas des paillettes... De plus, il ne faut pas oublier que le premier budget de la ville, c’est la culture. Et la culture, jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas non plus des paillettes.
Pour vous, alors, c’est quoi être Cannois ?
La question de l’identité n’est jamais simple. Il n’y a pas un unique critère déterminant. Il y en a plusieurs. A Cannes, le premier d’entre eux est, évidemment, le lieu. Habiter ici est quelque chose d’exceptionnel. Quand on est Cannois, on a un lien charnel avec cette ville. Avec son climat. Mais l’identité cannoise, c’est aussi l’appartenance à une histoire. Cannes s’est construite avec la venue des Anglais en 1830, des Russes en 1900, des Américains en 1920, des Italiens... Toutes ces migrations ont créé la ville telle qu’on la connaît aujourd’hui. Cette ville moderne, diverse et ouverte sur le monde. Et puis, bien sûr, l’identité existe aussi à travers le folklore et les manifestations de la commune. Combien de villes en France ont encore un maire qui prête allégeance ? Combien de villes en France ont autant d’évènements à leur calendrier ? Et c’est pour toutes ces raisons que le Cannois est quelqu’un d’unique. Quelqu’un qui a une identité propre. L’un des principaux devoirs du maire est d’ailleurs de conserver ce particularisme. Je suis garant de l’identité cannoise.
Combien de temps faut-il pour assimiler toutes ces facettes de Cannes et ainsi devenir Cannois ?
Je crois qu’il y a certaines personnes qui deviennent cannoises instantanément. D’autres mettent, en revanche, un peu plus de temps. En fait, cela dépend de chacun. Mais un chose est sûre, quant on goûte à Cannes, il se crée rapidement un sentiment d’appartenance. La plus belle récompense que l’on puisse, d’ailleurs, faire à un étranger qui vient ici en vacances, c’est de le faire citoyen de la ville de Cannes.
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