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Pour le consommateur, le prix du mètre cube traité passera donc de 0,782 euros à 0,866 euros (hors TVA sur la base de 120 m3/an). Mais comme le coût de l’assainissement n’est qu’une partie du prix de l’eau du robinet, la facture globale annuelle des clients de la Lyonnaise des eaux n’augmentera que de 15,89 e, soit 4,6 % TVA inclue (1). Raisonnable si l’on considère l’importance de l’équipement à construire et "agréablement" surprenant, si l’on se souvient des prévisions annoncées par les cabinets d’études.
Négociations au couteau avec trois opérateurs
En juillet 2007, en effet, le SIABC (lire par ailleurs) prévoyait une augmentation bien supérieure : +10,7 %, au lieu de +4,6 % aujourd’hui. Et ceci pour une station qui devait coûter 60 Me alors qu’elle en coûtera 77 au final. D’où vient donc cette différence, clairement au bénéfice des usagers ?
Elle résulte d’une négociation au couteau menée par le SIABC : « ça a été... mordant ! » C’est le premier mot qui vient à l’esprit du directeur du syndicat à l’issue de trois mois de discussion avec les opérateurs restés en lice à l’issue de l’appel d’offres. Veolia, La Lyonnaise et Saur ont présenté chacun des projets assez similaires. « Nous avons organisé une vraie mise en concurrence, âpre et bien réelle. Et il ne s’agissait pas seulement de discuter le bout de gras. Le syndicat et ses ingénieurs ont une capacité d’expertise déterminante car certaines techniques demandent une analyse fine pour ne pas se faire "balader". La Lyonnaise a eu chaud mais elle a relevé tous les défis. Nous avions trois bons projets mais au final, ce qui a fait la différence, c’est que celui de la Lyonnaise était 14 % moins cher que les autres. » commente David Lisnard, 1er adjoint au maire de Cannes.
Tout en calculant les prix, les opérateurs ont même joué la surenchère écologique. High-tech, propre et sans odeurs, la station affichera un bilan carbone quasi neutre. Là où l’ancienne station générait 2 588 tonnes d’équivalent carbone par an, la nouvelle n’en rejettera que 263. Réutilisation de l’eau épurée, séchage des boues sur place, panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, bâtiments HQE, filtrage de l’air, etc. Tout est conçu pour limiter l’impact environnemental.
Si la Lyonnaise ne tient pas l’objectif...
Le challenge est assorti de pénalités si l’opérateur ne tient pas toutes ses promesses. Exemple : contrairement à d’autres, la Lyonnaise ne brûlera pas dans une cimenterie les boues déshydratées qui sortiront de sa station. Un avantage écologique qui implique de les commercialiser sous forme d’engrais agricole sur un marché dont les débouchés sont aléatoires. Si l’opérateur ne tient pas l’objectif, l’article 60 du contrat, l’oblige à reverser au syndicat une "amende" de 0,03 e par m3 d’eau épurée. Dissuasif en regard des 1,5 million de m3 traités par mois.
Cela dit, l’opérateur, qui investit sur ses fonds propres 57 Me, prévoit un chiffre d’affaires de 213 Me sur les vingt ans que durera la concession avec une rentabilité de 6 % avant impôts. Un peu plus qu’un bon investissement dans l’immobilier locatif haut de gamme.
1-Les chiffres concernent la commune de Cannes. Pour Théoule, La Roquette et Auribeau, où l’assainissement était plus cher, la baisse sera plus forte. Pour Mandelieu, Le Cannet, Mougins et Pégomas, le prix final sera ajusté en fonction du coût de la gestion des réseaux que les maires n’ont pas souhaité confier au syndicat.
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